Affichage des articles dont le libellé est Boite à outils. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Boite à outils. Afficher tous les articles

L'art et la manière de lire les statistiques sur la transition énergétique et les renouvelables

A part la grippe et la fin des bonnes résolutions, vous savez ce qui arrive à ce moment de l'année ? Les comptes, statistiques et autres bilans quantitatifs de l'an passé.
L'énergie n'y échappe pas mais se distingue souvent par une mauvaise compréhension des chiffres voire de grossières erreurs dans leur interprétation. Voici deux pièges dans lesquels les commentateurs tombent régulièrement.


Premier piège : puissance n'est pas énergie, capacité n'est pas production


Une première erreur trèèèèèèès classique lorsque l'on parle de renouvelables consiste à mélanger puissance et énergie.
La différence entre puissance et énergie est un peu la même que celle entre distance et vitesse :  la puissance est l'énergie fournie par unité de temps comme la vitesse est la distance parcourue par unité de temps. L'énergie produite est le service réellement rendu par une centrale électrique, la puissance maximale mesure sa capacité théorique à rendre ce service. Il existe un lien entre les deux mais il n'est pas simple : la puissance vous renseigne autant sur la production réelle d'énergie que les 190km/h en pointe de votre voiture vous renseignent sur le temps qu'il faut pour traverser Paris un vendredi soir.
De plus, la puissance d'une éolienne ou d'un panneau solaire, contrairement à celle d'une centrale thermique ou d'une turbine hydroélectrique, dépend largement de facteurs extérieurs. Par conséquent, les chiffres annoncés par les constructeurs (par exemple les watt-crêtes d'un panneau solaire) sont évalués dans des conditions standards rarement atteintes dans la vraie vie.

Et pourtant, lorsqu'on quantifie les renouvelables, on entend beaucoup plus souvent parler de puissance que d'énergie. Pourquoi ?
Tout simplement parce que ce chiffre est plus flatteur que la production réelle. Les "nouvelles énergies" ont en général un facteur de charge plus faible que les autres, c'est-à-dire que, à puissance équivalente, l'énergie produite est inférieure. En usage normal, une centrale thermique ou nucléaire de 1GW produit de l'ordre de 7000GWh par an, un parc éolien de même puissance fournira plutôt 2500GWh et ce sera encore moins pour le solaire.
Parler de puissance plutôt que d'énergie est donc un "truc" pour embellir ses efforts (les indiens, par exemple, l'avaient fait lors de la COP21) ou donner à bon compte l'impression flatteuse d'une transition énergétique en marche. Ainsi, en 2014 le solaire et l'éolien fournissaient en tout et pour tout 5% de l'électricité mondiale... mais représentaient 12% de la puissance installée. En sens inverse, le nucléaire, par exemple, représentait 7% de la capacité mais 11% de la production réelle d'électricité.

Jusqu'à là c'est de bonne guerre. Mais il arrive aussi fréquemment que des chiffres concernant la puissance se transforment soudainement en données sur la production réelle d'énergie.
Pour un exemple (parmi beaucoup d'autres) comparez le titre de cet article à sa première phrase :

Exemple d'erreur sur les chiffres des renouvelables : confondre énergie et puissance

Pour résumer :
  • Si on vous parle "énergie", "production" ou "électricité" et que l'unité est le Watt-heure (ou le kWh, MWh, GWh, TWh...) : il s'agit d'une production réelle sur une période de temps donnée. La comparaison entre différentes sources est possible, sur la même période de temps évidemment. 
  • Si on vous parle "puissance" ou "capacité" et que l'unité est le Watt (ou le kW, MW, GW), il s'agit d'une production instantanée théorique : Prudence ! Sans autres détails, ce chiffre ne vous apprend pas grand chose et les comparaisons entre différentes sources sont risquées. 
...Et si les deux sont mélangés, il est temps de changer de journal.



Deuxième piège : électricité, énergie finale, énergie primaire


L'électricité c'est bien, mais ce n'est pas tout : nous consommons de l'énergie sous beaucoup d'autres formes. Quelle est la part des renouvelables dans cette consommation totale d'énergie ? On ne fait pas plus simple comme question, non ? Et pourtant...
D'un point de vue physique, on peut parfaitement comparer l'énergie chimique extraite d'un puits de pétrole ou d'une mine de charbon à celle qui sort sous forme électrique d'une éolienne ou d'une centrale nucléaire. Mais, d'un point de vue pratique, on mélange des torchons et des serviettes.

Comment comparer une production éolienne ou solaire à des chiffres sur le pétrole ou le charbon ?A l'exception de la biomasse (bois-énergie, agrocarburant, méthanisation...), les énergies renouvelables produisent presque exclusivement une énergie finale, c'est-à-dire directement utilisable pour satisfaire nos besoins : l'éolien, le photovoltaïque et l'hydraulique fournissent de l'électricité, le solaire thermique de la chaleur...
Ce n'est pas le cas pour les énergies fossiles : il faut d'abord extraire le charbon, le pétrole ou le gaz puis le transformer en chaleur, en électricité ou en mouvement dans un moteur, ce qui demande du temps et entraîne des pertes.
Le nucléaire, lui, est intermédiaire : il faut d'abord extraire la matière fissible mais celle-ci n'est en général pas comptabilisée dans les bilans énergétiques. Comme pour les renouvelables, lorsqu'on parle d'énergie nucléaire, on parle en général d'électricité.

Il n'y a pas de façon incontestable pour comparer la production d'énergie (finale) renouvelable à celle d'énergie (primaire) fossile. Il existe deux philosophies :
  1. Soit on comptabilise l'énergie électrique réellement produite sans se poser de question : 1kWh d'électricité éolienne ou solaire vaut 1kWh de pétrole brut ou de charbon (ou 3.6 millions de Joules ou 0.000086 tonnes équivalent pétrole). Point.
  2. Soit on comptabilise l'énergie finale à hauteur de l'énergie primaire qui aurait été nécessaire pour la produire. Comme le rendement des centrales thermiques est de l'ordre d'un tiers, 1 Joule d'électricité éolienne, par exemple, vaudra donc 3 Joules de pétrole.
Si c'est la première option qui est choisie, évidemment, la part des renouvelables et du nucléaire semblera beaucoup plus faible toute chose égales par ailleurs.

Jusqu'à là vous suivez ?
Très bien, parce que c'est là que ça devient retors : certaines statistiques prennent la seconde option pour le nucléaire mais la première pour les renouvelables. C'est le cas notamment pour les données fournies par l'Agence Internationale de l'Energie et l'administration américaine de l'énergie (EIA). Cette méthode a pour effet de donner une image déformée du mix énergétique au détriment des renouvelables, celles-ci apparaissant bien moins importantes qu'elles sont en réalité.

En conclusion : évaluer la part des énergies renouvelables dans la consommation totale d'énergie nécessite des conventions de calcul qui peuvent influencer fortement le résultat. Il vaut mieux lire ce qui est écrit en petits caractères avant de tirer des conclusions...


Publié le 30 janvier 2017 par Thibault Laconde


Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.


Combien de carbone peut-on émettre pour rester sous les 2°C ? Et d'où vient ce chiffre ?

Combien de gaz à effet de serre peut-on émettre pour limiter le réchauffement de la planète à 2°C ?
- "Pour limiter le réchauffement de la planète à 2°C, il ne faut pas émettre plus de tant de milliards de tonnes de carbone."
- "Compte tenu des émissions à venir, on se dirige vers une augmentation de la température moyenne de x degrés à la fin du siècle."

Vous avez sans doute tous entendu ou lu des affirmations comme celles-ci au cours des dernières semaines. Mais vous êtes-vous demandé d'où viennent ces chiffres et comment ils sont calculés ? Et accessoirement s'ils sont fiables ou même juste cités correctement ? Petit guide...


Les scénarios du GIEC


En matière de changement climatique, la question n'est plus (et de puis longtemps !) de savoir si nos émissions de gaz à effet de serre réchauffent la planète mais de combien et combien nous pouvons émettre avant de dérégler dangereusement le climat.
La plupart des réponses que vous pouvez entendre à cette question s'appuient :
  • D'abord sur le relatif consensus hérité du Sommet de Copenhague qui considère que le réchauffement climatique serait dangereux s'il dépassait +2°C en 2100 par rapport à l'ère pré-industrielle. Ce seuil est optimiste quand on voit le potentiel de déstabilisation qu'a déjà le changement climatique.
  • Ensuite sur les scénarios du GIEC, notamment un qui permet, avec une bonne probabilité, de rester sous le seuil de 2°C.
Ce scénario, RCP 2.6 de son petit nom, se trouve dans le 5e rapport du GIEC. Il est le seul parmi les scénarios développé par le GIEC à rester dans les clous par rapport à l'objectif de la communauté internationale : les 3 autres (RCP4.5, RCP6.0 et RCP8.5) dépassent allégrement les 2°C. RCP signifie Representative Concentration Pathways et le chiffre indique l'augmentation du forçage radiatif, c'est-à-dire de la capacité de l'atmosphère à retenir la chaleur.

prévision de température du GIEC en fonction des émissions de dioxyde de carbone
Evolution de la température moyenne pour les scénarios RCP2.6 et RCP8.5
Chaque scénario réunit une multitude de paramètres, notamment l'évolution des émissions pour chaque  gaz à effet de serre au cours du siècle prochain. Il sont accessible librement en ligne et les chercheurs du monde entier peuvent les utiliser pour faire des projections climatiques avec leurs propres modèles.

Résultat : le scénario RCP2.6 aboutit à une hausse de la température qui se situe avec une probabilité de 90% entre 0.9°C et 2.3°C, la meilleure estimation étant de +1.6°C sur la période 2080-2100 comparée à 1850-1900.
Ces scénarios permettent des simulations très détaillées et surtout comparables d'une équipe de recherche à l'autre, mais ils sont très complexes.


Le "budget carbone"


Pour communiquer des résultats au grand public, le GIEC a proposé une méthode simplifiée : le "budget carbone". Par exemple, pour avoir une probabilité de 66% de rester sous les 2°C, l'humanité dispose d'un budget carbone de 3670 milliards tonnes équivalent-CO2 (ou 1000 milliards de tonnes équivalent-carbone).
.
Précisions importantes :
  • Entre le début de la révolution industrielle et 2011, nous avions déjà consommé une grosse moitié de ce budget (environ 1950 GTCO2 sur 3670).
  • Ce budget ne tiens compte que des émissions de dioxyde de carbone, il faut y soustraire l'effet des autres gaz à effet de serre.
  • Ce budget ne tient pas compte de certaines rétroactions positives qui sont encore mal connues (par exemple des rejets de méthane causés par le dégel du permafrost).
Au total, moyennant ces précisions, nous pouvons encore émettre 1000 milliards de tonnes de CO2 entre 2012 et 2100. Au rythme actuel (d'environ 40 milliards de tonnes par an), nous aurions épuisé notre budget carbone dans une vingtaine d'années. Et il va de soi que plus nos émissions commencerons à baisser tard plus le budget restant sera entamé.

On peut aussi calculer les budgets correspondants à d'autres hypothèses, par exemple :
  • Pour avoir une probabilité de 50% de rester sous les 2°C, nous pourrions encore émettre 1300 milliards de tonnes de CO2,
  • Si on on se contente d'une chance sur 3, on passe à 1500 milliards de tonnes.
  • Si on souhaite rester sous les 1.5°C (comme le réclame les pays les plus vulnérables) avec une probabilité de 66%, alors notre budget carbone tombe à 400 milliards de tonnes et sera épuisé dès 2020.

Note : l'utilisation tantôt d'équivalent carbone, tantôt d'équivalent-CO2 est une source infinie de confusions lorsque l'on parle de climat. Elle explique que le système de budget carbone pourtant très simplifié soit régulièrement cité de façon erroné. Le budget carbone global est bien de 1000 milliards de tonnes équivalent-carbone et le budget carbone restant en 2012 après prise en compte des autres gaz à effet de serre de 1000 milliards de tonnes équivalent-CO2.


L'exercice inverse : si j'émets tant de carbone, j'obtiens quelle température ?



Vous avez certainement entendu ces derniers jours, des gens expliquer que compte-tenu des propositions remises par les États (les fameuses INDC), la planète s'achemine vers une réchauffement de tant de degrès (la valeur généralement citée est 2.7°C mais il existe d'autres évaluations).
Ces évaluations sont généralement venues d'ONG ou de think-tank mais pas d'organes scientifiques. Et ils sont sortis quelques jours voire quelques heures seulement après la remise des INDC. Alors comment sont obtenus ces chiffres ?

Ils viennent tout simplement d'outils de simulation du climat développés par des universités et qui permettent de projeter l'évolution du climat en fonction des émissions de gaz à effet de serre. C'est par exemple le cas de MAGICC qui est utilisable gratuitement en ligne.

Publié le 24 novembre 2015 par Thibault Laconde


Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.



Crédit illustration : © Jorge Royan / http://www.royan.com.ar, via Wikimedia Commons

De la psychologie du climato-sceptique et de l'art de lui répondre

Il m'arrive assez régulièrement de trouver sur ce blog des commentaires qui mettent en doute l'existence du réchauffement climatique ou le rôle des émissions de gaz à effet de serre d'origine humaine dans ce changement. Cela va du simple troll jusqu'à de longues argumentations auxquelles l'auteur -presque toujours anonyme- a manifestement consacré du temps.
Pendant longtemps, j'ai regardé ces messages avec amusement. Et aussi un peu de curiosité : Qui sont ces inconnus qui arpentent le web pour faire partager leur lubie ? Qu'est-ce qui peut bien les motiver ? Et puis, il y a quelques mois, je me suis décidé à répondre à ces commentaires. Non parce que j'espère convaincre leurs auteurs mais parce que je ne veux pas laisser le champ libre à la désinformation sur mon blog, même dans les commentaires.

En même temps que je menais cette petite guérilla, je me suis penché sur la psychologie et les méthodes du climato-sceptique (qui, figurez-vous, sont des sujets de recherche tout à fait sérieux). Je vous propose dans cet article une rapide synthèse de ce que j'ai appris, à la fois par la pratique et au travers de ces travaux. Avec l'espoir que cela puisse être utiles aux blogueurs, journalistes, community managers ou autres qui font face aux mêmes personnes.


Climato-sceptique ou négationniste du climat ?


D'abord il convient de bien nommer les choses : je ne vais pas vous parler de doute scientifique. Ici il ne s'agit pas de personnes qui demandent des preuves avant d'adopter une opinion mais, au contraire, de personnes qui ont déjà une opinion arrêtée et qui évaluent la validité des arguments qui leur sont présentés en fonction de leurs convictions. Sauf exception, le "climatosceptique", paradoxalement, n'est pas un sceptique : il est certain d'avoir raison et le doute dont il se réclame ne s'applique qu'aux thèses qu'il rejette.
Pour faire cette distinction, l'anglais a deux termes climate skeptic et climate denier. Le second pourrait se traduire par "climato-négationniste", une expression qui n'a pas encore fait son chemin en français mais qui reflète bien la réalité du phénomène : comme  le négationiste historique, le négationniste scientifique défend une thèse manifestement erronée ("le changement climatique n'existe pas", "l'homme a été crée il y a 6000 ans", "il n'y a pas de lien entre HIV et SIDA", "les vaccins causent l'autisme", etc...), malgré un consensus scientifique écrasant soutenu par de nombreuses preuves.

Évidemment, si on laisse de coté les quelques individus qui y ont intérêt personnel ou professionnel, le négationnisme scientifique parait incompréhensible : qu'est-ce qui peut bien pousser un individu, qui généralement n'a pas les moyens d'effectuer ses propres recherches, à adopter et défendre une opinion à l'encontre du consensus scientifique ?
Cette question a fait l'objet de plusieurs études qui tendent à montrer que le négationnisme scientifique, comme le négationnisme historique, est généralement d'origine idéologique. On peut citer, par exemple, l'experience conduite par l'Université de Washington : des cobayes reçoivent une coupure de presse présentant un rapport sur le changement climatique, ils sont ensuite invités à évaluer cette menace. Il existe deux versions de l'article qui décrivent dans les mêmes termes la hausse des températures, le rôle de l'homme et les risques en cas d'inaction, la seule différence se trouve dans les conclusions : la première version recommande de réglementer les émissions de dioxyde de carbone, la seconde plaide pour une déréglementation de l'industrie nucléaire. Résultat : les lecteurs de tendance libérale-conservatrice auxquels on a soumis la version "réglementation" voient dans le changement climatique un danger moindre que ceux qui ont reçu la version "déréglementation", en fait ils l'évaluent même en dessous du groupe de contrôle (qui n'a lu aucun des deux articles). En d'autres termes, l'information reçue est inefficace lorsqu'elle est associée à une recommandation à laquelle le lecteur n'adhère pas, elle a même tendance à être contre-productive...

Pour le négationniste, consciemment ou non, une information ne peut être exacte que si elle est en accord avec sa représentation de soi et du monde. Dans le domaine scientifique, on parle pour décrire ce phénomène de lyssenkisme, du nom du biologiste soviétique Trofim Lyssenko qui crut pouvoir appliquer la lutte des classes à l'agronomie.
Parce qu'il est lyssenkiste, vous ne pourrez jamais convaincre un climatosceptique par un argument scientifique : en réalité, même s'il place la discussion sur le plan scientifique, ses objections sont d'ordres politiques, morales ou religieuses...


Comprendre les stratégies pour y répondre


Si vous voulez quand même lui répondre, sachez que dans la plupart des cas votre interlocuteur ne cherchera pas à étayer son opinion mais à affaiblir la votre. Selon une vieille stratégie théorisée par l'industrie du tabac il y a plus d'un demi-siècle, il est plus facile et aussi efficace de créer du doute... Pour cela, il peut recourir à trois méthodes : il peut soit 1) mettre en doute l'existence même d'un consensus scientifique, 2) attaquer les personnes (vous, les scientifiques, les institutions, etc.), 3) contester les raisonnements et les données scientifiques.
Si vous parvenez à classer les arguments de votre interlocuteur dans une des ces catégories, vous pourrez plus facilement y répondre :

  1. S'il met en doute le consensus

    La technique est assez simple, on pourrait résumer ainsi : "Je ne suis pas scientifique mais je sais qu'il existe des chercheurs qui doutent du réchauffement climatique. Attendons que le débat soit clos avant d'agir." Une compilation de la littérature conservatrice aux États-Unis a montré que c'est l'argument le plus souvent utilisé pour nier le changement climatique.
    Que répondre ? D'abord, on peut rappeler que 500 ans après la première circumnavigation, il existe encore un certain nombre de personnes convaincues que la Terre est plate : l'unanimité est hors de portée quel que soit le sujet... Mais ce n'est pas l'unanimité qui définit une certitude scientifique, c'est l'existence d'un nombre suffisant de preuves convergentes (en théorie des sciences, on parle de consilience) en particulier lorsqu'elles sont partagées par des scientifiques issus de plusieurs disciplines et de différentes origines géographiques.
    Cette condition est manifestement remplie pour le changement climatique. De nombreuses études ont tenté d'évaluer l'existence ou non d'un consensus dans la communauté scientifique. Bien qu'avec des méthodologies différentes (sondage, revue des publications, étude des prises de parole publiques...), elles sont toutes parvenues à un constat similaire : le consensus scientifique est de l'ordre de 97% depuis le début des années 90 (voir ici, ici, ici ou ici, entres autres).

  2. S'il s'attaque aux personnes

    Quel que soit le sujet, si vous pensez avoir raison contre 97% des scientifiques et 80 académies nationales des sciences, il faut bien que, en dépit des apparences, tous ces gens soient des idiots et/ou des conspirateurs. C'est pourquoi l'attaque ad hominem est pratiquement une figure obligée de tout discours négationniste. On en trouve de multiples avatars : des attaques ciblées contre certains chercheurs (le cas de Michael Mann est emblématique mais loin d'être unique) ou contre des figures médiatiques (Al Gore, par exemple), contre le GIEC ou les climatologues en général, voire tout simplement contre vous... Ces attaques ne se limitent pas à quelques commentaires de blogs : elles peuvent prendre la forme de procès abusifs, de plaintes auprès des autorités académiques, de diffamations, de piratages informatiques, de menaces, etc. (Lewandowsky et al., 2013) Et ça marche... il en résulte une forme d'autocensure qui a conduit les climatologues à ne pas publier leurs prévisions les plus pessimistes (Brysse et al., 2013).
    Que répondre ? Attaquer les personnes faute de pouvoir réfuter les idées est un recours traditionnel de l'obscurantisme, ne vous y laissez pas entraîner. Essayer plutôt de ramener la discussion dans le champ scientifique : la qualité de travaux ne dépend pas de leurs auteurs mais de leur contenu. Vous pouvez au passage rappeler que la liberté académique, c'est-à-dire la possibilité de conduire des recherches et d'en rendre compte même si elles déplaisent à tel ou tel groupe politique, économiques ou religieux, est indispensable au progrès scientifique (et, accessoirement, garantie en France par le Conseil Constitutionnel et le Code l'Education).

  3. Si son objection est d'ordre scientifique

    Ici, on a que l'embarra du choix : il peux s'agir de contester les données et les observations ("le réchauffement a cessé en 1998", "les mesures de température ne sont pas fiables", "les glaciers progressent"...), de mettre en doute les modèles ("on ne sait pas prévoir le temps qu'il fera dans deux semaines", "le GIEC a revu ses prévisions"...), de proposer des théories alternatives ("le soleil est responsable du réchauffement climatique", "ce sont les rayonnements cosmiques", "les volcans", etc.). Malgré leurs variétés, ces arguments reposent souvent sur la même chose : une méconnaissance du sujet, des raisonnements fallacieux (paralogisme, tautologie, fausse analogie, faux dilemme, etc.) et/ou un choix de données orienté - ce que les anglophones appellent "cherry picking".
    Que répondre ? Le plus souvent votre interlocuteur reprendra ce type d'argument d'un tiers, il peut être intéressant de lui en demander la source. En bout de chaine vous trouverez généralement une vraie publication scientifique qui a été mal comprise, parfois vous découvrirez que les auteurs de l'étude initiale eux-même ont mis en garde contre les mauvaises interprétations...
    Dans tous les cas, même si vous voyez les erreurs de votre interlocuteur, je vous conseille de partir du principe qu'il est de bonne foi et que lui-même pense que son argument est valide : plusieurs ressorts psychologiques, comme le biais de confirmation, peuvent expliquer que des personnes d'ordinaire rigoureuses acceptent un raisonnement faux. Expliquez l'erreur et faites preuve de pédagogie. Pour vous aider, vous pouvez trouver ici (en anglais) des réponses détaillées à la plupart des arguments climatosceptiques.


Quelques conseils pratiques


Avant de répondre à un climato-sceptique (ou à un négationniste scientifique, quel que soit le sujet), surtout sur internet, vous devez avoir conscience :
  • Que c'est un combat inégal : vous avez face à vous le plus souvent un anonyme, dont l'objectif n'est généralement pas de montrer qu'il a raison de mais de faire croire que vous avez tort, ce qui lui permet notamment de se contredire sans sourcilier d'une ligne à l'autre et de crier victoire si votre position varie d'un iota.
  • Mais que vous n'êtes pas seul : identifiez les passages clés de l'argumentation de votre contradicteur et passez-les à la moulinette d'un moteur de recherches, vous pourrez ainsi en déterminer l'origine et voir si d'autres ont déjà répondu. Si c'est le cas, n'hésitez pas à renvoyer vers les réponses existantes.
  • Que vous êtes maître de la discussion : soyez celui qui pose les questions, qui oriente les échanges, donne le ton... Une fois dépouillé du vocabulaire pseudo-scientifique, un "argument" climatosceptique se réduit en général à une série d'affirmations vagues et embrouillées, ne faites pas l'erreur d'essayer de répondre en fonction de ce que vous pensez avoir deviné de la position de votre interlocuteur. Commencez plutôt par lui faire énoncer de façon claire (et si possible sourcée) quelle est sa thèse, ensuite vous pourrez argumenter sans chasser des fantômes. A ce moment-là, il changera souvent de sujet ("Expliquez-moi plutôt pourquoi etc."), à vous de garder une discussion suivie et centrée sur le sujet initial.
  • Que vous ne vous adressez pas à votre interlocuteur mais aux autres lecteurs : résistez à la tentation de forcer le trait ou d'amener la discussions sur un plan personnel (les qualifications du commentateur, ses motivations...), contentez vous de démonter son raisonnement ou les faits qu'il avance de façon aussi précise et rigoureuse que possible.

Bonne chance !



Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.


Comment suivre en direct la production d'électricité des principaux pays européens (et cesser de raconter n'importe quoi à la télé) ?

Vous vous souvenez du débat entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal à la veille du second tour de la présidentielle de 2007 ? Et de ce moment épique où aucun des deux n'a été capable de dire quelle est la part du nucléaire dans la production d'électricité française ?



Cet exemple est vraiment caricatural, mais le scénario se répète : le débat sur l'énergie est tristement marqué par la méconnaissance des faits ce qui le réduit souvent à une confrontation idéologique.
Pourtant les entreprises du secteur ont fait de gros efforts de transparence et à condition de connaître les adresses et les outils disponibles, vous pouvez tout savoir minute par minute de la production d'électricité en Europe : Combien les parcs éoliens de mer du nord produisent-ils à cet instant précis ? En ce moment la France est-elle importatrice ou exportatrice d'électricité ? Quel est la part des énergies renouvelables dans la production allemande aujourd'hui ? Les réponses sont ici...

(Pour aller plus loin, vous pouvez aussi consulter cet article sur l'interprétation des statistiques sur les énergies renouvelables)


En France : RTE Eco2mix

Le service Eco2mix mis en place par le réseau de transport d'électricité offre un aperçu complet et ergonomique de l'état de la production électrique en France : la production instantanée des différentes filières, l'empreinte carbone des kilowattheures produits, les échanges aux frontières... Toutes ces données sont disponibles en direct ou pour n'importe quelle période des 3 mois précédents. Une version par région a même été mise en ligne récemment.

En Europe : ENTSO-E

Pour l'ensemble des pays européens, de très nombreuses données sont disponibles sur le site de l'ENTSO-E, l'association européenne des opérateur de réseau électrique. Malheureusement celui-ci est assez peu ergonomique.

En Allemagne et en Autriche

Beaucoup d'informations sont accessibles en un coup d'oeil sur l'Agorameter du think tank Agora Energiewende. Le portail de l'Institut Fraunhofer met aussi à disposition des données, notamment pour la production quotidienne et le prix spot.
L'European Energy Exchange, la bourse de l'énergie en Europe centrale, met également à disposition de nombreuses données sur la production d'électricité en Allemagne, en Autriche et dans quelques autres pays.


En Grande Bretagne

Le service britannique brille plus par son exhaustivité que par son ergonomie... Avec un peu de patience il est possible d'y trouver à peu près tout ce que l'on peut souhaiter comme l'évolution de la production par filière, le détail de la production éolienne ou les flux internationaux.


Au Danemark

Energienet, l'équivalent danois du français RTE, propose une carte interactive sur laquelle apparaissent les productions et les flux à la fois d'électricité et de gaz.
Energie et développement - combien d'électricité éolienne au Danemark ? La réponse en direct !
Capture d'écran du service proposé par Energienet au Danemark


En Espagne

Le réseau de transport d'électricité espagnol, Red Eléctrica de España, met lui aussi à disposition un suivi de la production des différentes filières en temps réel. Avantage de ce service : il propose un historique remarquablement long puisqu'il est possible de retrouver les informations pour n'importe quel jour jusqu'en 2007 !


En Belgique

Elia propose de nombreuses informations mais le suivi en temps réel n'est disponible que pour l'éolien et le solaire. Pour les autres énergies, il faut se reporter au programme de production à J-1 ou au rapport de production réelle à J+1.
Quelques données complémentaires peuvent être trouvé sur le site de l'EEX.

En Australie

Hors d'Europe, la production d'électricité australienne (et celle de chaque état individuellement) peut être suivie en directe grâce à l'Open Platform for National Electricity Market Data.


Publié le 16 décembre 2013 par Thibault Laconde, dernière mise à jour le 27 avril 2018


Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.



Vous connaissez des services équivalents en Chine, aux États-Unis ou dans d'autres pays ? Vous ne réussissez pas à trouver les informations que vous souhaitez ? N'hésitez pas à réagir en commentaire pour améliorer cet article !

Germany, France, UK... A few tools to know everything about european electricity production.

Energiewende in Germany, transition énergétique in France, energy bill in Great Britain… European countries are overhauling their energy policies to face climate change and resources scarcity and to cope with their public opinion. In this context, electricity production statistics are becoming controversial: the percentage of nuclear in French mix or the dynamic of coal-fired electricity production in Germany may have huge political significance.
Unfortunately in many occasion it became obvious that policy makers ignore these data. One famous example in France is the 2007 presidential debate between Ségolène Royal and Nicolas Sarkozy where neither of them was able to give an exact figure regarding the share of nuclear in French electricity generation (while of course accusing the other of being wrong). This example is really cartoonish, but the scenario is too common: energy debates often disregard facts and are reduced to an ideological confrontation.

Yet it is quite easy to fact-check affirmation regarding electricity generation. Power companies have made great transparency efforts and, provided you know the addresses and the available tools, you can know everything from the production of electricity in Europe minute by minute: how North Sea wind farms are performing right now? Is France currently importing or exporting electricity? What is the share of renewable energies in the German production today? The answers are here...

(This post was translated from the original in French : Comment suivre en direct la production d'électricité des principaux pays européens ?)


In France: RTE Eco2mix

The Eco2mix service is provided by the French electricity grid (RTE). It is available in English and gives a complete and ergonomic overview of the state of electricity production in France: instant production from each energy source, carbon footprint of one kilowatt-hour, trans-border flows... All these data are available with a 15 minutes pace over the last 3 months. In addition, a regional version was recently created.


In Germany and Austria

Data on the German electricity production are available on the portal of the Fraunhofer Institute, including daily production and spot price.
In addition, the European Energy Exchange, the energy market place for Central Europe, provides extensive data on the production of electricity in Germany, Austria and a few other countries.


In Great Britain

The British service shines by its comprehensiveness more than by its user-friendliness… But with a little patience you may find anything you can possibly want like the evolution of production by source, detailed wind generation or international flows.


In Denmark

Denmark is often praised for its energy policy. You want to check? Energienet, the Danish power grid, offers an interactive map on which productions and flows for both electricity and gas appear in real time.




In Spain

The Spanish grid, Red Electrica Espana, also provides a monitoring of the production from each energy source in real-time. Advantage of this service: it offers a remarkably long history as it is possible to find data for any day since 2007!


In Belgium

Elia offers lots of information but the real time tracking is available for wind and solar. For a complete picture, you can check the prevision at D-1 and the actual production at D+1.
More data are available from the European Energy Exchange.


For other posts on energy and climate from this blog translated in English, click here.

 

Citations sur le développement durable et l'écologie

Voici un recueil de citations inspirantes sur le développement durable et l'écologie, à méditer ou à partager... Après chaque citation, un bouton vous permet de la tweeter en un clic.

Cette liste est enrichie chaque mois !


Dans un monde entièrement fait pour l'homme, il se pourrait bien qu'il n'y ait pas non plus place pour l'homme."

Romain Gary


Pourquoi faudrait-il que je me préoccupe des générations futures ? Ont-elles une seule fois fait quelque chose pour moi ?"

Groucho Marx


C'est la dose qui fait le poison."

Paracelse


Procuste en tenue moderne, le savant en recherches nucléaires préparera le lit sur lequel devra se coucher l'humanité. Et si l'humanité n'y est pas adaptée, ma foi, ce sera tant pis pour l'humanité."

Aldous Huxley


C'est quand le puits est à sec que nous connaissons la valeur de l'eau."

Benjamin Franklin


Les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements."

Charles Darwin


Quand il n'obéit pas au gouvernail, le navire obéit à l'écueil."

Anatole France


Ce qui nous est connu est suffisamment inquiétant pour que nous puissions accepter de courir le risque de l'inconnu."

Romain Gary


Tartuffe : Le scandale du monde est ce qui fait l'offense, et ce n'est pas pécher que pécher en silence."

Molière


On ne commande à la nature qu'en lui obéissant."

Francis Bacon


Le futur appartient à ceux qui croient en la beauté de leurs rêves."

Eleanor Roosevelt


Pour les nations et pour les peuples, une goutte de pétrole vaut une goutte de sang."

Georges Clémenceau


The test of our progress is not whether we can add more to the abundance of those who have much, it is whether we provide enough for those who have too little.

Franklin D. Roosevelt


Les primevères et les paysages ont un grave défaut : ils sont gratuits.

Aldous Huxley


Le mal pour triompher n'a besoin que de gens honnêtes qui ne font rien.

Edmund Burke



Si j'avais huit heures pour abattre un arbre, j'en passerais six à aiguiser ma hache.

Abraham Lincoln




Il n'y a certainement rien d'aussi inutile que de faire très efficacement ce qui ne devrait pas être fait du tout.

Peter Drucker



L'avenir n'est pas ce qui va arriver mais ce que nous allons faire.

Henri Bergson



L’intérêt général à cette particularité qu’il ne s’impose pas naturellement.

Georges Pompidou


L'exemple n'est pas le meilleurs moyen d'avoir une action sur autrui, c'est le seul.

Albert Schweitzer

COP21 : Un guide du citoyen engagé en vue de la Conférence de Paris sur le climat

Paris Climat 2015 / COP21 : logo officielLa 21e conférence internationale sur le climat qui se tiendra à Paris début décembre 2015 approche à grands pas. Après l'expiration du protocole de Kyoto et l'échec de la conférence de Copenhague, ce sommet apparait à beaucoup comme la toute dernière chance d'endiguer les émissions de gaz à effet de serre et d'éviter un dérèglement climatique catastrophique... et ce rendez-vous avec l'histoire aura lieu en France.

Vous vous demandez comment vous impliquer ? Voici ce que vous devez savoir...

Quels sont les enjeux de la COP21 ?

Les objectifs de la conférence de Paris sur le climat sont nombreux. Le principal enjeu est la mise en place d'un mécanisme de limitation des émissions de gaz à effet de serre pour prendre la suite du protocole de Kyoto à partir de 2020. Ce mécanisme sera-t-il contraignant ? Quels sont les pays qui y en feront partie ? Les limites d'émission fixées seront-elles compatibles avec un réchauffement limité à 2°C en 2100 ?

Un enjeu plus discret mais tout aussi important porte sur l'adaptation au changement climatique : le phénomène se fait déjà sentir et même avec un accord ambitieux à Paris certains pays, notamment les États insulaires, auront à souffrir de ses conséquences. Comment aider les future victimes à se préparer ? Comment les indemniser ? Quels statut sera accordé aux futurs réfugiés climatique ?

Informations pratiques : où et quand ?

La Conférence des Parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques de 2015 aura lieu du 30 novembre au 11 décembre 2015 au Bourget.
Il est possible, comme cela a été le cas pour de nombreuses COP, que les discussions se poursuivront au-delà de la fin officielle du sommet pendant le week-end du 12 et 13 décembre.

Quelles organisations participent à la conférence ?

En dehors des négociateurs, un certain nombre d'organisations bénéficient d'une reconnaissance officielle de l'ONU qui leur permet de participer aux discussions, par exemple par une intervention en plénière, des contributions écrites ou l'organisation d'un "side event". Il s'agit notamment des entreprises et de leurs représentants (collectif dit BINGO), des syndicats (TUNGO), des organisations de protection de l'environnement (ENGO), des collectivités locales (LGMA) et des instituts de recherche (RINGO).

La liste complète des organisations accréditées peut être trouvée ici. Cette liste comprend également le nom du représentant de chaque organisation et ses coordonnées.
A ce sujet, vous pouvez lire mon article sur le profil-type des organisations participant à la COP20 de Lima.

Si vous représentez une organisation susceptible d'être admise, vous pouvez trouver la procédure d'accréditation ici. Malheureusement, il est trop tard : les inscriptions sont closes pour la COP21 depuis le 31 août 2014. Si vous n'avez pas pu faire la demande dans les temps il vous reste la possibilité de bénéficier d'un partage d’accréditation, à négocier avec une organisation inscrite.

Pouvez-vous participer ?

A titre individuel, non. L'accès à l'enceinte des négociations sera réservé aux représentants d'organisations accréditées. Cependant un "village de la société civile" sera accessible librement.
Par ailleurs de très nombreux événements autour du climat vont avoir lieux pendant la conférence et tout au long de l'année 2015 : débats à destination du grand public ou de professionnels, exposition, manifestations et mobilisations... Vous pouvez consulter ici la liste des événements prévu avant et pendant la COP21.

Comment monter un projet ?

Votre association veut profiter de la COP21 pour mener un projet, par exemple une action de sensibilisation aux conséquences du changement climatique ou l'organisation de débat ? Dans ce cas, vous pouvez prendre contact avec l'un des "référents société civile" du Quai d'Orsay :
COP21/Paris Climat 2015 : liste de contact pour les associations et ONG (référents société civile)
Si vous avez besoin d'un financement, votre demande doit être accompagnée d'un formulaire Cerfa. Vous pouvez également prendre contact avec vos collectivités territoriales (mairie, département, région).
Une autre solution peut être de rechercher une entreprise sensible aux questions climatiques. Le Ministère du développement durable met à disposition un annuaire des mécènes potentiels par région.
Enfin, pour les projets innovants, le crowdfunding (via des sites comme Ulule ou Kisskissbangbang) peut également être une bonne idée. 

Comment faire entendre votre voix individuellement ?

Si vous souhaitez contribuer, la meilleure façon est de vous rapprocher d'une organisation qui peut bénéficier du statut d'observateur ou organise des événements autour de la COP21.

Une autre alternative peut être d'encourager les participants à adopter un accord ambitieux. Certains d'entre eux sont accessibles via les réseaux sociaux. Par exemple :
  • Laurent Fabius (ministre des Affaires Étrangères et président de la COP21) sur Twitter, Facebook ou son blog,
  • Marie-Hélène Aubert (conseillère de l'Elysée pour les négociations sur le climat) sur Twitter ou LinkedIn,
  • Pierre-Henri Guignard (chargé de la préparation de la COP21) sur Twitter ou LinkedIn,
  • Paul Watkinson (chef de l'équipe de négociation sur le climat au Ministère du développement durable) sur Twitter, Facebook ou LinkedIn,
  • Antoine Michon (chef de la division climat au Quai d'Orsay) sur Twitter ou LinkedIn.

Vous avez aimé cet article ? N'en ratez aucun en vous inscrivant à la newsletter mensuelle.



Vous cherchez encore des informations ? N'hésitez pas à le dire en commentaire et à faire progresser cet article.
Vous avez une idée ? Un projet ? Faites le connaitre !

 * * *