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Electrification de l'Afrique : pour la Commission Européenne, les solutions existent !

Bien que 2012 soit l'année internationale de l'énergie durable pour tous, l'électrification du continent africain semble encore largement hors de portée. Trop isolé, trop cher, trop peu rentable... En dehors de quelques projets d'électrification rurale décentralisée, il n'y a donc aucun espoir que les habitants du continent accèdent à une énergie moderne, et a fortiori durable ? Faux, répond le Centre commun de recherche de la Commission Européenne dans un rapport sur les énergies renouvelables en Afrique publié en début d'année.
Ce rapport passe en revue l'énergie solaire, l'énergie hydroélectrique, l'éolien et la biomasse et compare leurs coût aux techniques traditionnelles comme le développement du réseau électrique public et les groupes électrogènes. Et, surprise, il apparait que les énergies renouvelables peuvent permettre l'accès de l'ensemble du continent africain à une énergie moderne et bon marché...

Un continent très en retard pour l'accès à l'énergie

Le constat est connu : en Afrique, près de 600 millions de personnes n'ont toujours pas accès à l'électricité. Le taux d'électrification rurale progresse très lentement alors que 60% de la population africaine vit dans des zones peu densément peuplées.

Desertec, Medgrid, PSM... Exporter l'électricité de l'Afrique vers l'Europe, vraiment ?

Fondée fin 2010 pour prendre la suite de Transgreen et réunissant une vingtaine de grands noms du secteur de l'énergie, Medgrid est une entreprise destinée à promouvoir l’interconnexion des réseaux de transport d'électricité européens et nord-africains.

Relier les réseaux électriques africain et européens, un projet techniquement ambitieux...


L'objectif est de permettre l'export vers l'Union Européenne de l'électricité produite au Maghreb. L'Afrique du nord a en effet un excellent potentiel solaire et éolien. Le plan solaire méditerranéen, adopté par l'Union pour la Méditerranée, prévoit ainsi l'installation d'une capacité de production de 20GW en 2020 - grosso modo l'équivalent d'une vingtaine de réacteurs nucléaires. A l'horizon 2050, le  projet Desertec présente des objectifs encore plus ambitieux.

2012 - Année internationale de l'énergie durable pour tous

En 2011, la moitié des habitants de la planète dépendaient encore du bois ou du charbon pour se chauffer et cuisiner et un quart n'avaient toujours pas accès à l'électricité. 
L'ONU s'est fixé comme objectif d'assurer l'accès universel à l'énergie d'ici à 2030 et pour attirer l'attention sur ce problème, elle a fait de 2012 l'année internationale de l'accès à l'énergie durable pour tous.
L’enjeu va bien au-delà du confort et du niveau de vie :
La pauvreté énergétique a des conséquences économiques : il est impossible d'accéder à des moyens de production modernes, des tâches simples comme recharger un téléphone portable ou moudre des grains nécessitent de longs déplacements et les activités s’interrompent la nuit.
La pauvreté énergétique a des conséquences sanitaires : les maladies liées à l'utilisation de foyers traditionnels de mauvaise qualité tuent plus que la tuberculose et la malaria et sans énergie il est impossible de pomper et de potabiliser l'eau ou d'accéder à des soins modernes.
La pauvreté énergétique a des conséquences sociales : l'électrification des grandes villes encourage l'exode rural alors que l'absence des services essentiels pèse d'abord sur les femmes et les filles (ramassage du bois, transport de l'eau...) retardant l'amélioration de la condition des femmes.

La pauvreté énergétique a des conséquences sur l'environnement : l'utilisation du bois et du charbon encourage la déforestation et fait augmenter les émissions de gaz à effet de serre.
Au rythme actuel, chaque année 20 millions de personnes accèdent pour la première fois à l'électricité. C'est peu : sans accélération il faudrait presque un siècle pour que tous les habitants de la planète puissent bénéficier de ce service. L'électrification demande certes des investissements importants mais ceux-ci restent très faibles comparés aux sommes qui seront investies par ailleurs dans le secteur énergétique.
Au-delà des moyens, ce sont les compétences qu'il faut mobiliser. Ce n'est pas un hasard si l'ONU a crée à l'occasion de cette année de l'énergie durable un réseau international d'acteurs de l'accès à l'énergie (lien en anglais).

Cette démarche confirme les trois constats qui sont à l’origine d’Énergie et développement :
  1. l'accès à l'énergie est une urgence et une nécessité pour le développement,
  2. plus que l'argent, ce sont les compétences et la formation qui manquent,
  3. à l'image du site mis en ligne par l'ONU (lien en anglais), trop peu de ressources sont disponibles en français.