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Infographie : les aides publiques aux énergies fossiles dans l'Union Européenne

En fouillant les recoins ténébreux de rapports méconnus, on tombe parfois sur des trésors... Ainsi l'étude sur les prix de l'énergie publié par la Commission Européenne en janvier : à la page 401 de ses annexes, se trouve une évaluation des aides accordées dans chaque pays de l'Union au secteur de l'énergie, avec leur décomposition par secteur, par énergie etc. Une vraie mine d'or... Dont j'ai extrait pour vous les plus belles pépites.

170 milliards d'euros par an pour l'énergie


Pour l'ensemble de l'Union Européenne, on comptait en 2016 un peu moins de 1500 dispositifs d'aide destinés à l'énergie pour un montant de 168 milliards d'euros. Dans ce montant, on retrouve des subventions mais elles sont en réalité très minoritaires : moins de 10%. L'essentiel des aides prennent la forme de transferts indirects ou de réduction d'impôt.

La répartition entre les différentes filières est sans doute l'information la plus intéressante. Au niveau européen les énergies renouvelables sont les premières bénéficiaires depuis 2012. En 2016, elles ont reçu 75 milliards d'euros contre 55 pour les fossiles. Le nucléaire, lui, arrivait très loin derrière avec seulement 5 milliards d'euros. Le solde n'était pas fléché vers une filière en particulier.

Évidemment cette répartition est très variable d'un pays à l'autre. Cette infographie montre pour chaque pays les parts des énergies fossiles et des énergies renouvelables dans le montant total des aides et leurs évolutions entre 2008 et 2016 :
Aides et subventions aux énergies fossiles par pays de l'UE
Aides aux énergies fossiles et aux énergies renouvelables dans l'UE28
(Cliquez sur l'image pour agrandir)
En République Tchèque, en Allemagne, au Portugal ou en Espagne, par exemple, la grande majorié des aides vont aux énergies renouvelables. Au Pays-Bas, en Hongrie ou à Chypre, au contraire, ce sont les fossiles qui dominent largement.


La France : au fond de la classe, à coté du radiateur...


Comment se comporte la France dans ce classement ? Elle n'est clairement pas parmi les meilleurs élèves.
Dans notre pays, un peu plus de 40% des aides vont aux énergies fossiles contre 33% en moyenne pour l'Union Européenne. Plus préoccupant, la France fait partie des pays où les aides aux énergies fossiles ont progressé entre 2008 et 2016, et pas qu'un peu : elles ont presque augmenté de moitié ! Seuls la Pologne (+142%) et une poignée de petits pays font pire que nous.

Lorsque l'on compare la France aux autres grands pays européens, on voit que notre pays rattrape l'Allemagne et le Royaume Uni avec des soutiens aux énergies polluantes en nette croissance :
La France mauvais élève européen des aides publiques aux énergies fossiles
Evolution des aides publiques aux énergies fossiles pour les 4 plus grandes économies européennes
(Cliquez sur l'image pour agrandir)

Pour les énergies renouvelables, au contraire, nous sommes en retard : seules 34% des aides vont à ces filières contre 45% en moyenne dans l'Union Européenne. Avec un peu moins de 7 milliards d'euros par an, le budget que la France consacre aux énergies vertes est certes en croissance mais inférieur à celui de l'Espagne, de l'Italie, du Royaume Uni et bien sur de l'Allemagne...

Soutien aux énergies renouvelables en France et dans les grands pays européens
Evolution des aides publiques aux énergies renouvelables pour les 4 plus grandes économies européennes
(Cliquez sur l'image pour agrandir)


Publié le 4 juin 2019 par Thibault Laconde

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[Infographie] Le carburant est-il vraiment cher ?

Comme tous le monde, j'observe l'agitation autour du prix des carburants. Et du coup je m'interroge : est-ce que le prix du carburant est vraiment élevé ? Pour répondre à cette question, j'ai comparé le carburant à d'autres produits de consommation courante avec l'aide des données de l'INSEE sur les prix moyens de vente au détail :

Infographie : le carburant est-il trop cher ? Comparaison du prix de l'essence à d'autres produits du quotidiens
Cliquez pour agrandir

Le résultat me parait sans appel : non, le carburant n'est pas cher. Au contraire.

Parmi les liquides que nous consommons au quotidien, seuls l'eau et le lait sont meilleur marché. Lorsqu'on songe à tout le travail qui est nécessaire pour amener un litre de pétrole dans votre réservoir - financement, exploration, extraction, transport sur des milliers de kilomètres, raffinage..., il semble même incroyable qu'en bout de chaîne le prix au litre soit inférieur, par exemple, à celui de l'huile de tournesol qui est un produit local et infiniment moins technique.

Si vous vous dites que ça vous fait une belle jambe parce que vous avez beaucoup plus besoin d'essence ou de diesel que de lait ou d'huile, c'est peut-être de là que vient votre problème et non du prix.

Publié le 15 novembre 2018 par Thibault Laconde

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[Infographie] Fin de l'exploitation d'hydrocarbures en France : on en reparle en 2040 ?

Vous avez fait quoi ce week-end ? Un peu de bricolage ? Une petite ballade en forêt ? Ou simplement la grasse matinée ? Hé bien, pendant que vous vous prélassiez, le gouvernement, lui, travaillait dur pour le soutenir la production pétrolière française !

Infographie : concession et permis d'exploration de pétrole et de gaz renouvellés, étendus ou prolongés en France

Le Journal Officiel daté du dimanche 2 février ferait presque passer la France pour un pays pétrolier : on y trouve 3 décrets accordant de nouvelles concessions pour l'exploitation de pétrole et de gaz - ce qui porte à 65 le nombre total de concessions en France.
Par ailleurs, 2 autres décrets prolongent des concessions existantes et une dernière est étendue. Et il y a aussi la prolongation de 3 permis pour la recherche d'hydrocarbures (qui s'ajoute à celle de 6 autres fin décembre) ainsi qu'une réforme du droit minier en outre-mer visant à faciliter les activités pétrolières en Guyane.

Vous trouvez que ça fait beaucoup pour un pays qui a adopté il y a un mois une loi prévoyant l'arret en 2040 de la production de pétrole et de gaz en France ? En fait, lors du vote de cette loi, Nicolas Hulot avait insisté : elle ne signifie pas que le gouvernement n'autorisera plus d'activités pétrolières en France et encore moins que les permis existants seront révoqués.
On se souvient que l'annulation des permis pour la recherche de gaz et pétrole de schiste après la loi de 2011 bannissant la fracturation hydraulique a été contesté en justice, lançant un feuilleton judiciaire qui se poursuit encore. Laisser les concessions existantes courir jusqu'à leur terme est donc, a priori, de bonne politique. Les prolonger ou en accorder de nouvelles est plus surprenant...

En fait, cet épisode me semble révélateur d'un  phénomène beaucoup plus large : à l'image de l'Accord de Paris qui vise zéro émission nette dans la seconde moitié du siècle, un peu partout dans le monde, les politiques énergétiques et climatiques commencent à se donner des objectifs à long-terme très ambitieux, mais dans le même temps on constate un relâchement à court-terme. Comme si l'engagement de devenir propre vers 2050 rendait moins nécessaires les efforts aujourd'hui.
La France en donne un parfait exemple : héraut de l'Accord de Paris mais laissant ses émissions croître, premier pays à fixer dans la loi la fin des énergies fossiles mais accélérant la recherche et l'exploitation d'hydrocarbures sur son territoire... Nous sommes le poivrot qui décide d'arrêter demain et s'offre un verre pour fêter ça !

Et il n'y a pas que nous : l'Allemagne va certainement rater ses objectifs d'émissions pour 2020, la Grande Bretagne devrait louper les siens en 2025, la Belgique ne fait pas mieux, les émissions du Japon s'envolent, on pourrait continuer... Il est peut-être temps de sortir de l'autosatisfaction et de réaliser que le vrai danger pour l'action climatique, ce ne sont pas les délires climatosceptiques d'un Trump mais notre propre laisser-aller.

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Pour ceux que ça intéressent, voici le détail des concessions et des permis de recherche modifiés le 2 février 2018 :

Trois nouvelles concessions :
  • Concession d'Amaltheus : Concession de 37km² dans la Marne et accordée à IPC France, le deuxième producteur de pétrole en France filiale du groupe suédois Lundin, jusqu’au 1er janvier 2040. 
  • Concession d'Avon-la-Pèze : Concession de 56km² située dans l’Aube et accordée pour 15 ans à Société pétrolière de production et d'exploitation (SPPE), une PME.
  • Concession de la Conquillie : Concession de 36km² située en Seine-et-Marne et accordée pour 15 ans à Vermilion, un groupe canadien et le premier producteur de pétrole en France avec environ 11.000 barils par jour.
Deux concessions prolongées :
  • Concession de Saint-Germain-Laxis : Concession de 20km² située en Seine-et-Marne et prolongée jusqu’au 28 septembre 2031.
  • Concession d’Eschau : Concession de 5km² située dans le Bas-Rhin et prolongée jusqu’au 10 octobre 2031.
Une concession étendue :
  • Concession de de Champotran : Cette concession située en Seine-et-Marne et accordée jusqu’au 14 août 2038, est étendue de 123km².
Trois "permis exclusif de recherches de mines d'hydrocarbures conventionnels liquides ou gazeux" sont prolongés :
  • Permis d’Aquila : Ce permis, accordé à Vermilion pour une zone de 283km² située sur la côte de la Gironde, est prolongé jusqu’au 21 juillet 2020. Une demande de prolongation pour ce permis avait été rejetée en mars 2017.
  • Permis de Forcelles : Ce permis d’exploration sur une zone de 20km² située en Meurthe-et-Moselle est prolongé jusqu’au 7 septembre 2021.
  • Permis de La Folie de Paris : Portant sur une zone située à l'intersection de l’Aube, de la Marne et de la Seine-et-Marne, ce permis est prolongé jusqu’au 7 août 2021 mais sur une surface réduite à 199km².
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Publié le 5 février 2017 par Thibault Laconde



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[Infographie] Quelle est l'empreinte carbone de vos bonnes résolutions pour 2018 ?

Arrêter de fumer, moins boire, passer plus de temps en famille, manger plus sainement, bouger plus, etc. Vous vous apprêtez peut-être à prendre quelques unes de ces bonnes résolutions pour 2018.
Hé bien sachez qu'en plus d'être bons pour vous et votre santé, ces engagements contribuent souvent à protéger le climat. Vous serez surpris de voir à quel point vos bonnes résolutions peuvent réduire votre empreinte carbone pour cette nouvelle année... Une raison de plus de vous y tenir !

[Infographie] Quel est l'effet pour le climat de vos bonnes résolutions 2017 ?

On a parfois l'impression que le changement climatique est un sujet lointain sur lequel on ne peut pas faire grand chose. C'est la faute aux centrales à charbon chinoises, non ?
Hé bien, non... Notre mode de vie et nos habitudes influencent largement les émissions de gaz à effet de serre ! Vous serez surpris de voir à quel point les bonnes résolutions que vous vous apprêtez peut-être à prendre pour 2017, tout en étant bonnes pour vous, peuvent avoir un effet sur la quantité de carbone que vous allez émettre cette année.

Entrée en vigueur de l'Accord de Paris : quelles conséquences pour les entreprises ?

réduire les émissions de gaz à efffet de serre aura des conséqunces importantes pour les entreprises
L'Accord de Paris sur le climat va donc entrer en vigueur le 4 novembre, moins d'un an après son adoption et à la veille de la COP22 de Marrakech. Restera ensuite le plus compliqué : appliquer ce qui a été décidé à la COP21...
En effet l'Accord de Paris fixe des objectifs ambitieux : limiter le réchauffement climatique bien en dessous de 2°C et parvenir à zéro émissions nettes pendant la seconde moitié du siècle. Cela impose de réduire rapidement nos émissions de gaz à effet de serre. Or ces émissions sont un sous-produit d'activités aussi importantes dans nos économies que la production d'électricité, le transport ou l'agriculture...

Pour les entreprises qui exercent ces activités et pour leur salariés, la baisse rapide des émissions constitue un défi sans précédent. Comment peuvent-elles le relever ? Quels secteurs sont les plus exposés ? Petit exercice de prospective...

> Cet article est un extrait d'une étude complète sur les conséquences économiques et technologiques à long-terme de l'Accord de Paris.


Que vont devenir les activités émettrices de carbone ?


L'Accord de Paris ne fixe pas directement d'objectif d'émissions. Le GIEC a reçu pour mission d'étudier les trajectoires compatibles avec le texte dans son prochain rapport à paraitre en 2018.
En attendant, on peut évaluer que l'Accord de Paris implique une baisse de nos émissions de gaz à effet de serre d'au moins 4% par an jusqu'en 2050. Cette évaluation prend déjà une hypothèse très optimiste sur les puits de carbone anthropiques, il n'y a donc pas de deus ex-machina à attendre.

Dans ces conditions, l'avenir des différentes activités émettrices de gaz à effet de serre dépend de leur capacité, actuelle et future, à suivre ce rythme de baisse des émissions. Celles qui pourront suivre s'en sortiront, celles qui ne le pourront pas seront de plus en plus pénalisées par les politiques mises en place en application de l'Accord - taxe ou marché du carbone par exemple.

A grands traits, l'avenir des secteurs émetteurs dépend donc de trois grands facteurs : l'existence d'alternative bas-carbone, la possibilité de capter et séquestrer le CO2 et la capacité à garder des clients même dans un contexte de hausse des prix. En fonction de ces facteurs, on peut imaginer les scénarios suivants :

Impact sur les secteurs de l'économie de la baisse rapide des émissions de gaz à effet de serre après la COP21

  

Évolution, capture du CO2, disparition... la transition climatique secteur par secteur


Les premiers secteurs à subir des changements importants devraient être ceux dans lesquels des alternatives décarbonnées existent. Pour certains d'entre-eux la transition climatique est déjà en cours, c'est le cas par exemple de l'automobile ou de la production d'électricité.
Il est intéressant de noter que ces évolutions ont lieu sans modification significative de la réglementation et sans imposition d'un signal-prix par le régulateur : l'anticipation de contraintes perçues comme suffisamment crédibles suffit à engager un processus de transformation.

Parmi les secteurs dans lesquels il n'existe pas d'alternatives bas-carbone, on peut distinguer deux cas :
  • Ceux s'appuient sur des infrastructures centralisées comme les industries lourdes (cimenterie, aciérie, verrerie...), la chimie, la transformation agroalimentaire, etc.
  • Ceux pour lesquelles les émissions de gaz à effet de serre sont diffuses et/ou mobiles, par exemple l'agriculture, les transports, le bâtiment et les travaux publics, etc.
Les installations centralisées seront probablement amenées à s'équiper de dispositif de capture du carbone. Quels que soient les progrès techniques, ces dispositifs resteront intrinsèquement coûteux parce que la capture du carbone nécessite de grandes quantités d’énergie. Les coûts de ces activités augmenteront donc, encourageant une baisse de la consommation sur les produits concernés. On peut notamment s'attendre à un développement rapide du recyclage des matières premières.
Compte-tenu des coûts liés au transport du dioxyde de carbone, on peut également supposer que ces activités seront progressivement relocalisées vers des lieux offrant des conditions favorables pour le sa séquestration (géologie, relief, éloignement des grands centres urbains...).

Pour les activités où il n'existe pas d'alternative décarbonnées ni de possibilité de capture, les objectifs de l'Accord de Paris signifient qu'elles devront réduire fortement leurs émissions et puis compenser le reliquat par des puits de carbone. La quantité d'émissions négatives qui pourra être créée sera probablement faible et ces activités se retrouveront en concurrence entre elles pour les acquérir, dès lors on peut envisager deux cas :
  • Pour les activités indispensables, ce qui se traduit d'un point de vue économique par une faible élasticité de la demande par rapport au prix, les émissions devront être réduites autant que possible et le reliquat compensé par des émissions négatives ce qui conduira à une augmentation importantes des prix et à une baisse (mais pas une disparition) de la demande. On peut imaginer que l'agriculture, la construction et les travaux publics, certains usages résidentiels ou encore le transport maritime figureront dans cette catégorie. 
  • Pour les activités non-indispensables, c'est-à-dire celles qui possèdent une forte élasticité-prix, l'augmentation des coûts liés à la réduction et à la compensation des émissions fera baisser fortement la demande. Ces activités devront donc disparaitre ou se confiner à des marchés de niche. Le transport aérien et les segments de luxe ou de loisir d'autres secteurs émetteurs se retrouveront probablement dans cette situation.
L'Organisation de l'aviation civile internationale a adopté début octobre un accord qui entre parfaitement dans ce schéma puisqu'il prévoit la stabilisation des émissions du transport aérien à partir de 2020 par la compensation.

Pas de transition climatique sans accompagnement social


Une chose est certaine : la réduction des émissions de gaz à effet de serre implique des transformations économiques importantes - changement de technologies, changements de modèles économiques... voire disparition de certaines activités.
De telles évolutions sont toujours douloureuses. Elles signifient que certains produits vont devenir de moins en moins abordables, des secteurs entiers vont entrer en récession, des entreprises vont disparaitre, des personnes vont perdre leurs emplois et devoir se tourner vers d'autres activités. Ce que nous voyons en ce moment, par exemple dans le secteur de l'énergie, n'est sans doute que le début et le plus facile.

Si nous voulons réussir notre transition climatique, il est important de regarder cette réalité en face. Dans le passé, les initiatives ont souvent échoué parce que les hommes et femmes politiques qui les portaient n'étaient pas préparés à en accepter les conséquences. Oui : baisser les émissions de gaz à effet de serre, cela signifie de faire perdre leurs emplois à des dizaine de milliers de transporteurs routiers, d'ouvriers de l'automobile, de salariés de compagnies aériennes ou d'éleveurs de bétail (pour ne citer que quelques cas d'actualité).
Pour que de telles mesures soient acceptables, il faut faire preuve de beaucoup de pédagogie mais surtout faciliter la reconversion des personnes touchées : en démocratie, il n'y aura sans doute jamais de transition climatique sans politique sociale ambitieuse.




Publié le 14 avril 2016 par Thibault Laconde, dernière mise à jour le 25 octobre 2016



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Observatoire de la fracturation hydraulique - août 2016

Chaque mois, retrouvez l'observatoire de la fracturation hydraulique : les statistiques essentielles pour comprendre l'évolution des hydrocarbures non-conventionnels et les principaux événements qui ont touché la production de gaz et pétrole de schiste.

> Télécharger la version complète en pdf

> Voir les mois précédents


Observatoire de la fracturation hydraulique : actualité internationale, données et analyse sur le gaz et le pétrole de schiste

Dans l'actualité ce mois-ci :
  • Focus : Dans le Nebraska, la justice stoppe un projet d'injection souterraine d'eaux usées, un maillon aval méconnu mais essentiel pour la fracturation hydraulique.
  • Aux États-Unis, le Colorado se prononcera par référendum sur un durcissement de sa législation en matière d'exploitation d'hydrocarbures.
  • Dans le sud de la Colombie, des heurts oppose une population inquiète aux forces de sécurité alors que le gouvernement veut encourager l'extraction de pétrole et de gaz de schiste pour compenser le déclin de sa production conventionnelle.
  • En Grande Bretagne, une entreprise accuse Russia Today de désinformation sur la fracturation hydraulique pour entretenir la dépendance européenne vis-à-vis du gaz russe.
Pour aller plus loin :
Publié le  22 août 2016 par Thibault Laconde

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Climat : les émissions de gaz à effet de serre des 10 plus gros pollueurs de la planète entre 1990 et 2030

A la veille de la COP21, tous les pays participant à la Conférence de Paris ont été invités à remettre leurs propositions pour lutter contre le changement climatique. Malgré quelques réfractaires (notamment les pays exportateurs de pétrole), la grande majorité s'est acquitté de cette formalité dans les temps.
Ces documents (appelés INDC) contiennent les objectifs de chaque pays pour 2030. Avec un peu de patience, leur analyse permet de calculer les futures émissions de gaz à effet de serre et de dessiner la géopolitique du carbone pour les 20 ans à venir...

Dans cet article, je vous propose mes propres calculs pour les 10 plus gros émetteurs de la planète : Chine, États-Unis, Union Européenne à 27, Inde, Russie, Japon, Brésil Canada, Indonésie et Australie.
Comme d'habitude, l'ensemble des calculs et les hypothèses utilisées sont accessibles. Je vous recommande de les consulter si vous souhaitez réutiliser ces chiffres.

Pour un aperçu rapide, cette infographie présente l'évolution des émissions de gaz à effet de serre par habitants entre 1990 et 2030 :
Infographie : emissions de gaz à effet de serre par habitant pour les 10 plus gros pollueurs en 1990, 2010 et 2030 (d'après les INDC remises avant la COP21)


Évolution des émissions de gaz à effet de serre en valeur absolue


Commençons par les émissions totales de gaz à effet de serre. En 2030, les dix plus gros pollueurs de la planète devraient émettre un peu plus de 35 milliards de tonnes équivalent-CO2 contre 28GTeqCO2 en 2010.
La répartition est la suivante :
Emissions de gaz à effet de serre des 10 plus gros pollueurs de la planète, historique et projection à 2030

On voit qu'en 2030, le classement est très largement dominé par la Chine et l'Inde, responsables des 2/3 du total. Suivent de loin les États-Unis puis l'Union Européenne. L'Indonésie qui était dernière de ce top10 en 1990 atteint la 5e place. La Russie poursuit sa régression et est dépassée par le Japon. En bas de classement, on trouve le Brésil, le Canada et l'Australie.


Les émissions de CO2 par habitant


Mais les émissions totales ne sont pas un très bon indicateur : Comment comparer, par exemple, l'Australie et le Brésil alors que le second est dix fois plus peuplé ?
Pour se faire une idée plus exacte des efforts réalisés par chacun, il faut calculer les émissions par habitant. Et celles-ci racontent une autre histoire :
Emissions de CO2 par habitant passées et futures (prospective à 2030) dans les 10 pays les plus polluants du monde
L'Australie et le Canada qui étaient en queue de classement se retrouvent premier et deuxième, suivis des États-Unis. Malgré une baisse sensible de leurs émissions, la hiérarchie des pires pollueurs de la planète n'est pas modifié : ces trois pays sont déjà sur le podium aujourd'hui...
Arrive ensuite la Chine dont les émissions par habitant s'approchent de celle des États-Unis ! Les émissions indiennes aussi connaissent un bond spectaculaire : elles sont multipliée par 3 en 20 ans.

Dans le sens inverse, les européens polluent de moins en moins : avec des émissions par habitant pratiquement divisée par 2 entre 1990 et 2030, ils se trouvent en 2030 derrière l'Inde ou l'Indonésie.
Enfin, il faut saluer l'ambition brésilienne : compte-tenu de la croissance de sa population, il réalise un effort considérable. Si les objectifs définis dans son INDC sont tenus, ses émissions par habitant devraient avoir baissé de moitié en 2030 par rapport à 2010 !

Que signifient ces évolutions pour les négociations internationales sur le climat ? C'est l'objet d'un autre article que vous pouvez retrouver ici.


Publié le 5 octobre 2015 par Thibault Laconde, dernière mise à jour le 19 juillet 2016. 


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[Infographie] Chaos climatique : comment le réchauffement destabilise déjà la planète

Perpétrées quelques jours avant l'ouverture de la COP21, les attentats du 13 novembre 2015 ont fait entrer en collision deux thèmes qui se rencontraient rarement : terrorisme et changement climatique. Il ne s'agit pas que d'une affaire d'agenda : comme de nombreux commentateurs l'ont souligné au lendemain des attaques, le changement climatique a joué un rôle dans la déstabilisation de la Syrie et la montée de Daesh.

Ce cas n'est pas unique. Même si le changement climatique, pas plus qu'aucun autre facteur politique, social, économique ou culturel pris isolément, ne peut pas être rendu seul responsable d'un conflit, son rôle dans le déclenchement ou l'aggravation de crises est d'ores-et-déjà visible. Un monde qui se réchauffe est un monde plus violent.

Infographie : à la veille de la COP21, liens entre changement climatique et conflit, guerre ou terrorisme


Sécheresse et guerre civile : le cas d'école syrien


Entre 2006 et 2010, la Syrie a connu sa sécheresse la plus sévère jamais enregistrée. Le Croissant Fertile a toujours vécu dans l'alternance de périodes sèches et humides mais depuis le début du XXe siècle on observe une baisse des précipitations et une hausse marquée des températures dans la région :
La syrie connait une baisse des précipitations depuis le début du XXe siècle et des sécheresses plus fréquentes
Précipitations, température et sécheresses dans le Croissant Fertile (source)
Ces tendances sont cohérentes avec les réponses des modèles climatiques à une augmentation de la concentration en gaz à effet de serre et elles devraient se poursuivre à l'avenir. Il n'est pas possible d'affirmer avec certitude que la sécheresse des années 2006-2010 a été causée par le réchauffement climatique mais les modèles nous disent qu'en modifiant le climat nous avons rendu deux fois plus probable un phénomène de cette ampleur.

Cette sécheresse a détruit une grande partie des récolte et des troupeaux. La production d'orge, par exemple, a baissé de 67%, la production de blé de 82% dans les zones non-irriguées... Or l'agriculture employait à l'époque 40% de la population syrienne, près de 1.5 millions de syriens ont été obligés de quitter leurs fermes pour se réfugier en ville, bouleversant leurs modes de vie et faisant augmenter rapidement le taux de chômage. La sécheresse a aussi entraîné une hausse des prix alimentaires et des conflits pour l'accès à l'eau, aggravés par la politique du gouvernement Syrien privilégiant des cultures d'exportation comme le coton.
Il est difficile de faire la part des multiples raisons qui ont conduit à la guerre civile syrienne. Mais il est évident que le mécontentement né de cette situation a joué un rôle dans le soulèvement de 2011.


Le climat multiplicateur de crise au Mali


Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, les précipitations ont très fortement baissé dans la région sahélienne. La encore, les modèles pointent du doigt les forçages anthropiques du climat et prévoient une aggravation de la situation à l'avenir.
les précipitations ont fortement baissé depuis un siècle au sahel, le forçage anthropique du climat est en partie responsable
Le Mali a été affecté par la sécheresse en 2010, comme l'ensemble de la bande sahélienne, et de nouveau en 2012. Ces épisode ne sont peut-être pas à l'origine de la déstabilisation du pays et de la guerre de 2012-2013 mais ils ont agis comme multiplicateur, amplifiant la gravité de la crise. Lorsque l'insurrection touareg a repris dans le nord du pays, elle s'est ajoutée à la famine pour pousser les maliens sur les routes : en 2012, selon le Haut Commissariat aux Réfugiés, 350.000 personnes ont fuit vers les pays voisins et 200.000 ont été déplacés à l'intérieur du pays. Le coup d'état militaire du 22 mars 2012 se voulait une réponse à cette situation mais il a eu pour effet d'interrompre les aides étrangères dans un moment de grande vulnérabilité. Le chaos qui a suivi a accéléré la chute du Nord-Mali et l'implantation de militants islamistes, conduisant finalement à l'intervention française.

Il est intéressant de noter que, de même que la Syrie passait il n'y a pas si longtemps pour un îlot de stabilité au Proche Orient, le Mali était régulièrement cité en exemple pour sa transition démocratique et son dynamisme économique. A posteriori ces États nous apparaissent faibles et condamnés à l'instabilité mais peu de gens aurait tenu ce discours il y a seulement 5 ans.


Tensions autour des fleuves asiatiques

 
Nous avons déjà eu l'occasion d'en parler, le changement climatique va avoir des impacts sur le régime des fleuves d'une part parce qu'il modifie la répartition et la quantité des précipitations et d'autre part parce que les glaciers, qui servent de réserves et de régulateur du débit, reculent. Dans ces conditions, la question de la répartition de l'eau se pose, en particulier pour les fleuves transfrontaliers.
Ces tensions sont particulièrement fortes en Asie : les glaciers de l'Himalaya sont les troisièmes réserves d'eau douce de la planète (après les calottes polaires nord et sud) et les fleuves qui y prennent leurs sources alimentent de centaines de millions de personnes tout en coupant des frontières déjà conflictuelles. Le Gange et ses affluents, par exemple assurent l’approvisionnement en eau de 400 millions de personnes en traversant quatre pays (Chine, Népal, Inde et Bangladesh).

Pour ne citer qu'un seul exemple, le projet de barrage de Rogun au Tadjikistan est une source de tension régulière avec l'Ouzbekistan qui se trouve en aval et dépend du débit de la rivière Vakhsh pour l'irrigation de ses cultures, notamment le coton. La rareté de l'eau est déjà considérée comme le principal obstacle au développement en Asie Centrale et les tensions s'aggravent alors que le changement climatique rend plus probable des vagues de chaleurs comme celle qui a touché la région en 2010.

Katrina ou le potentiel de disruption d'un événement climatique


Encore une fois, il est impossible de dire de façon certaine qu'un événement ponctuel est causé par le changement climatique cependant les modèles climatiques prévoient des ouragans plus violents (mais pas plus fréquents) et  les dernière décennies ont connu un nombre inhabituel d'ouragans de catégorie 4 et 5.
C'est dans cette tendance qu'il faut replacer Katrina, une des plus puissante tempête à avoir touché les États-Unis. Le lundi 29 août 2005, Katrina s'abat sur la Louisiane et sur la Nouvelle-Orléans, une ville qui se trouve en partie sous le niveau de la mer. Sous le choc, 53 digues cèdent et 80% de la ville est inondée avec parfois des hauteurs d'eau de plusieurs mètres.

Le décompte des victimes fait état de 1464 morts. De façon peut-être encore plus préoccupante, la catastrophe a provoqué une vacance du pouvoir et des réactions dictées par les préjugés raciaux. Les journalistes présents sur place ont rapporté des vagues de meurtres et de viols qui se sont avérées imaginaires, tout comme les pillages à grande échelle. Certaines villes ont refusé d'accueillir les réfugiés, allant même parfois jusqu'à repousser les armes à la main les survivants qui fuyaient à pied.
Le 31 août, la gouverneure de Louisianne déclarait l'état d'urgence, le 2 septembre elle faisait appel à l'armée pour rétablir l'ordre à la Nouvelle Orléans. Jusqu'à 46.000 soldats ont été déployés dans la ville.

Ce désastre illustre à quel point un phénomène climatique peut être déstabilisant même pour un pays aussi avancé que les États-Unis. L'absence du pouvoir et le sentiment d'abandon des populations l'exacerbation des tensions préexistantes dans la société, la dissolution des solidarités au sein même d'un État... Peut-être surestimons-nous notre capacité de résilience alors que ces phénomènes sont appelés à devenir plus fréquents ?

Publié le 20 novembre 2015 par Thibault Laconde



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[MaJ] Participer à la COP21 ? Tous les évènements avant et pendant la conférence de Paris sur le climat

[Mis à jour le 30/11/2015] Pendant la première quinzaine de décembre 2015, la France accueillera la 21e conférence de l'ONU sur le changement climatique (alias COP21). Cet événement exceptionnel - 40.000 personnes venant de près de 200 pays se réuniront à Paris pour tenter de parvenir à un traité limitant les émissions de gaz à effet de serre - sera accompagné par une foule de rendez-vous, de conférences et de mobilisations destinées aux professionnels comme au grand public.

Vous voulez participer à cet événement planétaire ? Approfondir vos connaissances sur le changement climatique ? Ou simplement profiter du bouillonnement culturel autour de la COP21 ? A vos agendas...

> La COP21 est terminée... Mais beaucoup reste à faire. Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez consulter mon études sur les prochaines étapes de la lutte contre la changement climatique après l'Accord de Paris


[Infographie] Classement des 10 plus gros émetteurs de gaz à effet de serre entre 1990 et 2030

Suite à mon article de lundi, dans lequel je détaillais les futures émissions de principaux pollueurs de la planète sur la base de leurs INDC. Je vous propose une nouvelle façon de visualiser les résultats.

Cette infrographie représente le classement des 10 plus gros émetteurs de gaz à effet de serre en 1990, 2010 et 2030. Le classement est basé sur les émissions totales de gaz à effet de serre (pas seulement le CO2).

[Infographie] Carbone, ozone, particules, soufre... Petit aide-mémoire de la pollution atmosphérique

Pics printaniers obligent, la pollution s'invite ces jours-ci dans toutes les discussions, de la machine à café jusqu'aux journaux télévisés. Mais il peut être difficile de s'y retrouver : si tous les polluants représentent une menace pour l'homme et l'environnement, il n'y a pas grand chose de commun, par exemple, entre les nitroxydes qui restent plusieurs mois dans l'atmosphère et le dioxyde de soufre qui disparaît en quelques heures, ou entre le dioxyde de carbone  inoffensif pour la santé (et largement responsable du changement climatique) et les particules en suspension qui sont associées à une augmentation de la mortalité...

Pour vous aider à vous y retrouver, je vous propose un aide-mémoire des principaux polluants atmosphériques et de leurs caractéristiques, une liste plus détaillée est disponible dans la suite de l'article.

CO2, NO2, SO2, PM, O3, COV... origines, effets et durée de vie des principaux polluants atmosphériques


Dioxyde de carbone

De quoi s'agit-il ? Le dioxyde de carbone (parfois appelé gaz carbonique) est une molécule composée d'un atome de carbone et de deux atomes d'oxygène. Il est noté CO₂.
Quels effets ? Sauf à très forte concentration, le dioxyde de carbone n'est pas un danger pour la santé mais c'est le principal gaz à effet de serre d'origine humaine. Il représente à lui seul les 2/3 de nos émissions.
Quelle durée de vie ? Le dioxyde de carbone est un gaz stable, sa durée de vie dans l'atmosphère est supérieure à un siècle.
D'où vient-il ? Essentiellement de la combustion d'énergie fossiles ou d'autres matières organiques (centrales à charbon ou à gaz, voitures, chauffages thermiques, incendies...) et des cimenteries.



Dioxyde d'azote

De quoi s'agit-il ? Le dioxyde d'azote est une molécule composée d'un atome d'azote et de deux atomes d'oxygène, il est noté NO₂. On lui associe parfois d'autres oxydes d'azote (notamment le monoxyde d'azote, NO), l'ensemble est alors désigné par l'abréviation NOx.
Quels effets ? Au contact de l'eau, le dioxyde d'azote se transforme en acide nitrique. C'est donc un gaz irritant susceptible de s'attaquer aux poumons et aux yeux, il est aussi responsable de pluies acides. Enfin, il participe à la formation d'autres polluants comme l'ozone et les particules fines.
Quelle durée de vie ? La demi-vie du dioxyde d'azote est d'environ 80 jours (c'est-à-dire qu'il faut 80 jours pour que la moitié du volume émis disparaisse). Cette durée de vie est suffisante pour que les oxydes d'azote voyagent sur de longues distances : il a par exemple été démontré que les émissions britanniques étaient responsables de pluies acides en Scandinavie.
D'où vient-il ? L'air ambiant est composé majoritairement d'azote et d'oxygène qui réagissent à haute température pour former du monoxyde d'azote, lequel peut ensuite réagir à nouveau avec de l'oxygène pour donner du dioxyde d'azote. Les véhicules à moteur et, dans une moindre mesure, les centrales thermiques sont responsables de l'essentiel de la production de NOx.



Ozone

De quoi s'agit-il ? L'ozone est une molécule composée de trois atomes d'oxygène, noté O₃.
Quels effets ? Dans la stratosphère, l'ozone permet de filtrer les rayons ultraviolets du soleil mais c'est aussi un oxydant capable, lorsqu'il se trouve à basse altitude (dans la troposphère), d'irriter les yeux et les voies respiratoires même à faible concentration : une augmentation de la mortalité a été démontrée lors des pics de pollution à l'ozone. Il s'attaque également aux végétaux, l'INRA estime par exemple qu'il est responsable d'une baisse de 5 à 10% des rendements du blé en Île de France, et aux matériaux oxydables. Enfin, il joue un rôle dans le changement climatique puisqu'il est responsable de 10% environ de l'effet de serre d'origine humaine.
Quelle durée de vie ? L'ozone possède une durée de vie assez courte, de l'ordre de 3 jours à 20°C.
D'où vient-il ? L'ozone est un polluant secondaire : il n'est pas crée directement par les activités humaines mais provient d'une réaction impliquant des polluants primaires (NOx, composés organiques volatils...) et le rayonnement solaire. Un bon ensoleillement est donc indispensable à sa formation.



Dioxyde de soufre

De quoi s'agit-il ? Le dioxyde de soufre est formé d'un atome de soufre et de deux atomes d'oxygène. Il se note SO₂.
Quels effets ? Le dioxyde de soufre est irritant, notamment pour les voies respiratoires. Il forme de l'acide sulfurique au contact de l'eau , il est donc responsable de pluies acides. Il peut également corroder la pierre et dégrader des bâtiments.
Quelle durée de vie ? Le dioxyde de soufre disparaît rapidement de l'atmosphère : sa demi-vie est de quelques heures.
D'où vient-il ? Le dioxyde de soufre se forme lors de la combustion d'un matériau contenant de soufre, les véhicules à moteurs et les centrales thermiques sont les principaux émetteurs. Les volcans peuvent également rejeter des composés soufrés.



Particules en suspension (PM10 et PM2.5)

De quoi s'agit-il ? Les particules en suspension (ou PM pour particulate matter) sont des poussières de très petite taille - la taille d'une bactérie voire moins. Elles sont classées en fonction de leur diamètre : PM10 pour les particules dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres (ou 0.01 millimètre), PM2.5 pour celles dont le diamètre est inférieur à 2.5 micromètres (0.0025 mm), etc. Ces particules peuvent être formées de matières organiques, de sulfates, de suie, etc. et contenir des métaux lourds ou d'autres produits dangereux.
Quels effets ? Alors que les PM10 sont retenues au niveau du nez ou des voies aériennes supérieures, les PM2.5 sont suffisamment fines pour pénétrer jusqu'aux alvéoles des poumons. Elles peuvent déranger la respiration et sont associées à une augmentation de la mortalité. Elles contribuent également au noircissement des façades. 
Quelle durée de vie ? Les particules en suspension sont éliminées par la pluie ou en retombant naturellement au sol. En l'absence de précipitation, la durée de vie des particules peut aller de quelques heures à quelques jours (plus une particule est fine plus elle peut rester en suspension longtemps).
D'où viennent-elles ? Les particules en suspension sont produites notamment par les combustions industrielles, le chauffage, la construction et les travaux public, l'agriculture et l'automobile (en particulier les moteurs diesel). Le vent, ainsi que certaines activités humaines (circulation, nettoyage...) peuvent aussi remettre en suspension des particules tombées au sol.



Composés organiques volatils (COV)

De quoi s'agit-il ? Les composés organiques volatils sont des molécules contenant du carbone, de l'oxygène, de l'hydrogène et, éventuellement, d'autres atomes. On distingue trois familles principales :
  • Les hydrocarbures aromatiques monocycliques (HAM), par exemple le benzène.
  • Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), par exemple le benzopyrène.
  • Les aldéhydes, dont le formaldéhyde. 
Quels effets ? Les composés organiques volatils provoquent des irritations et une diminution de la capacité respiratoire, certains sont de plus cancérigènes (c'est le cas des trois cités en exemple plus haut). Les COV peuvent également être des précurseurs de la création d'ozone.
Quelle durée de vie ? La durée de vie dans l'atmosphère est variable d'une molécule à l'autre. Elle est en général de quelques jours (environ 9 jours pour le benzène, par exemple).
D'où viennent-ils ? Les composés organiques volatils sont libérés lors de l'évaporation d'hydrocarbures liquides. Ils proviennent notamment des véhicules à moteur (remplissage du réservoir, gaz d'échappement...) et de certains procédés industriels (raffinage de pétrole, solvants industriels...). Ils représentent une part importante de la pollution intérieure (produits d'entretien, vernis, colle...).


Ce n'est pas tout...


J'ai laissé de coté dans cette liste quelques autres polluants atmosphériques moins souvent impliqués dans des épisodes de pollution, pour mémoire en voici quelques uns :
  • Le méthane (CH4), le protoxyde d'azote (NO2) et les autres gaz à effet de serre émis par les activités humaines. Une liste plus complète peut être trouvée ici.
  • Le monoxyde de carbone (CO) crée lors d'une combustion incomplète, il est à la fois toxique pour l'homme et précurseur de l'ozone et du dioxyde de carbone.
  • Les métaux lourds qui peuvent se retrouver en suspension (plomb, mercure, arsenic...), ce sont des polluants persistants qui s'accumulent dans l'organisme avec des effets à long terme sur le système nerveux, les reins, le foie, les poumons...
  • Les pollens, d'origine naturelle mais susceptibles de déclencher des allergies.
  • Les dioxines, famille de molécules contenant du chlore dont certaines sont très toxiques.
  • Les pesticides utilisés par l'agriculture et susceptibles d'avoir des effets sur la santé.

Publié le 13 avril 2015 par Thibault Laconde, dernière mise à jour le 11 avril 2016

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[Infographie] Entreprise, ONG, syndicats... qui participe aux conférences internationales sur le climat ?

Vous vous demandez qui participe à la COP21 ?

Retrouvez ici une version mise à jour de cet article !


La 20e conférence internationale sur le climat (alias COP20) s'ouvre dans quelques jours, le 1er décembre, à Lima. Comme chaque années vous entendrez à la télévision ou vous lirez dans vos journaux que de très nombreux délégués ont fait le déplacement pour participer aux débats sur le changement climatique : près de 20.000 sont attendus cette année !

Mais vous êtes vous déjà demandé qui sont ces gens ? Quel est le profil du participant à une conférence internationale sur le climat ?


Qui participe aux négociations internationales sur le changement climatique ?

En dehors des négociateurs, pour obtenir son billet d'entrée dans une conférence sur le climat, il faut représenter une organisation appartenant à l'un des collectifs reconnus par l'ONU. Par exemple le collectif dit BINGO (sic) constitué des entreprises et de leurs groupement, ENGO pour les organisations de protection de l'environnement, TUNGO pour les syndicats, LGMA pour les collectivités locales, etc.
La liste des organisations accréditées est disponible sur le site de l'UNFCCC. C'est une mine de renseignements pour se faire une idée des personnes qui arpentent les couloirs des conférences sur le climat.
Infographie - entreprises, ONG, syndicats... quelles organisations participent aux conférences de l'ONU sur le climat
(cliquez pour agrandir)

Infographie - Pourquoi est-il si difficile de passer aux énergies renouvelables ?

Malgré de lourds investissement dans les énergies renouvelables, la transition énergétique a encore du chemin à faire ! En France par exemple, la production annuelle de toutes les installations solaires et éoliennes dépasse à peine celle d'un réacteur EPR comme celui en cours de construction à Flamanville...
Pour comprendre le chemin qui reste à parcourir avant que les énergies renouvelables puissent concurrencer les combustibles fossiles et le nucléaire, cette infographie compare les productions annuelles de quelques unes de plus importantes centrales de chaque filière.

Infographie - Déforestation, une criminalité mondiale

La déforestation illégale met en danger l'environnement : destruction de l'habitat d'espèce menacées, interruption du cycle du carbone, érosion des sols... Mais c'est aussi de plus en plus souvent une activité criminelle en bande organisée, n'impliquant pas uniquement des violences contre les habitants et la corruption des administrations locales mais aussi des mécanismes de blanchiment complexes permettant d'écouler l'essentiel du bois abattu illégalement vers des pays développés. Ce sont ces mécanismes que détaille un rapport passionnant rédigé conjointement par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement et Interpol : Green Carbon, Black Trade.

Il est évidemment impossible de résumer ce rapport de 72 pages en une infographie, mais j'espère y avoir fait passer quelques idées essentielles sur ce trafic qui met en danger les forêts à l'échelle mondial... Et peut-être vous donner envie d'aller lire le rapport.

Infographie : déforestation illégale, blanchiment du bois et criminalité organisée
(Cliquez pour afficher en plein écran)

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